Dans la canopé je suis tendre, j'ai de la paresse à revendre - 2020 - Gouache, stylo sur carton
Dans la canopé je suis tendre, j'ai de la paresse à revendre - 2020 - Gouache, stylo sur carton

Parle avec lui est une série inspirée de poèmes de mon fils Tom Derhy. J’ai engagé un travail collaboratif sur une dizaine de ses poèmes qui feront chacun l’objet d’une édition particulière.

 

 «Je suis vivant» est le premier poème sur lequel j’ai travaillé et pour lequel je présente ici quelques extraits. Je prélève des mots, des phrases. Je les dessine, colle des images, des calques, des fleurs et feuilles extraites d’un herbier. Tous les supports conviennent, les cahiers, les cartons, les papiers, les toiles....

Cette disposition aléatoire amorce un paysage dans lequel je tisse des liens entre les objets, fait circuler la couleur, danser les formes. 

 

Cet entre deux, ce paysage luxuriant et improbable auquel j’abouties, me donne le sentiment de rebondir sur le texte et de parler avec lui.


Tableaux

Dessins

 

Je suis vivant 

 

Je suis vivant je suis sans voix

Je suis dans la terre, sous les bois

Je suis entier, je suis en pierre

Je suis les nids de poussière

Je suis pétrifié je suis belle

Je suis les cours d’eau du djebel

Et je préside les saisons

Et les orchestres de grillons

 

Je suis malicieuse je suis douce

Tour à tour lichen ou bien mousse

Je suis à dent je suis à bec

Je suis à griffe à museau sec

Je suis ministre et grand coudou

Je suis à tes lèvres et à ton cou

Et je glisse en toi, impérial

Quand je deviens serpent nuptial

 

Je suis sans pitié je suis drôle

Dans le corail ou sous le saule

Je vais de carrières en carrières

De balançoires en fourmilière

Dans la canopée je suis tendre

J’ai de la paresse à revendre

Je te fais un lit de mes lianes

Pour t’y confondre mon iguane

 

Je suis broussailleuse je suis folle

J’ai de l’écorce à mes guiboles

J’ai tant de parures pour te plaire

Je fais le pain, même en hiver

Je fais le bon ou le rapace

Dans l’herbe ou sous ma carapace

Et de temps en temps si j’hiberne

Je ne meurs pas, mais je te berne

 

Tom Derhy

 

 


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